Cauchemar socio-administratif français, désespoir, espoir et libération

Aujourd’hui je me réveille à cause d’un cauchemar lié à la France.

Dans mon rêve tout se passait bien, je ne vivais plus en France ni avec des Français (c’est à dire que mon rêve était assez proche de ma réalité actuelle), et je téléphonais à un ami (non-français) ; nous discutions normalement, mais à un moment il devait faire quelque chose et il me dit d’attendre au téléphone ; c’est alors qu’après avoir attendu un peu, j’entends une autre voix, me parlant en français cette fois, et immédiatement pour me reprocher des choses pour lesquelles je n’étais pas du tout responsable, et sujet desquelles cette personne n’avait strictement rien compris.
Je crois que j’ai essayé de commencer à l’interrompre pour lui expliquer, mais précisément c’est là que je me suis réveillé, puisque justement cette intrusion était un véritable cauchemar, typique de la France, des gens qui n’ont rien compris, qui se croient plus intelligents que tout le monde, et qui t’imposent leur vision du monde, leurs décisions, et surtout qui s’immiscent dans ta vie privée, et la ruinent. Naturellement sans jamais comprendre leurs torts, et même quand c’est le cas, sans jamais daigner admettre s’être trompé(e)s.

En somme, mon cauchemar (réel, en dormant) n’aura duré que quelques secondes, car je me suis réveillé, à cause du choc, alors que la personne était en train de me débiter son flot d’accusations et de reproches débiles et infondés sans que je ne puisse rien y faire.
Ce choc, c’est parce que cela a dû renvoyer, dans ma conscience, aux centaines de situations comparables (à divers degrés) que j’ai été obligé d’endurer en France, pendant un demi-siècle. Donc ce brutal “rappel”, imprévu, était vraiment beaucoup trop fort pour être supportable.

En me réveillant j’ai “repris mes esprits”, loin très loin de ce “cauchemar de la sous-France” (au sens propre comme au sens figuré), et à cause de ce “choc”, certains traumatismes étaient présents dans mon esprit (comme on garde en tête des éléments d’un rêve – ou d’un cauchemar – de manière plus ou moins floue, pendant une ou deux minutes au réveil).
J’écris tout tout ça pendant que mes pensées sont encore présentes, et heureusement tout cela disparaîtra de ma tête juste après avoir écrit, et je pourrai commencer ma journée de manière sensée et positive.

Dans ces sombres pensées au réveil après “le cauchemar de la France, il y avait ce qui suit.

En fait, avant les “pensées conscientes” (traduisibles par des mots, avec un fil, des raisonnements), au départ il y avait une sorte “d’état mental”, pénible, de l’ordre du désespoir (et du “cauchemar”, c’est à dire de quelque chose d’horrible qui te tombe dessus et contre lequel tu ne peux rien faire).
En y réfléchissant a posteriori, il me paraît évident que cette sorte de “soupe mentale”, confuse, était en fait constituée par “la partie de ma conscience occupée par mes principaux calvaires français”, c’est à dire :
1- l’hospitalisation forcée décidée par la médecine publique de la France en 1994-1995 pendant 15 mois, qui était complètement erronée et injuste, parfaitement horrible, et qui bien sûr qui n’a jamais été justifiée malgré toutes mes tentatives et lettres pendant plus de 25 ans (et rien que le fait de relater toutes ces tentatives, et la très grande stupidité et mauvaise foi de l’Administration française à ce sujet, est un cauchemar en soi – d’ailleurs cela fait plus de 20 ans maintenant que je veux écrire un livre pour expliquer cette histoire, mais je suis “bloqué’”, puisque tout ça est un cauchemar auquel il est difficile de penser) ;
2- l’immixtion grave et “dure” de l’Administration française dans ma vie privée (en ruinant la vie de mon premier vrai ami et “soutien de vie” et donc mes espoirs de “bonheur commun”, définitivement piétinés, détruits, anéantis, mon ami étranger n’étant maintenant plus rattaché à la vie (et à l’équilibre mental) que par un mince cheveu – alors qu’au début, insouciant dans l’espoir de la jeunesse, je croyais comme lui au “mirage de la France”), ce cauchemar sans fin étant l’oeuvre du ministère des affaires étrangères en 2002-2006 puis celle du ministère de l’intérieur depuis 2014 (lorsque les choses commençaient enfin à se régler pour de bon, c’était trop pour eux et il aura fallu qu’un improbable, misérable et pathétique minuscule fonctionnaire idiot décide de “faire le justicier” après n’avoir strictement rien compris (ça, c’est une spécialité bien française) ; ensuite tout est fichu puisque l’Administration française ne reconnaît jamais ses erreurs, et puisque tous les fonctionnaires suivants qui “héritent” d’un dossier continueront systématiquement à défendre leurs collègues et leur système, ce qui fait que cette histoire débile dure depuis 18 ans maintenant, et je ne vois pas comment elle pourrait prendre fin (j’ai tout essayé, je crois) ;
3- et accessoirement tous les calvaires administratifs auxquels on se heurte lorsqu’on essaie de se défendre contre l’injustice du système français, imposée souverainement et impitoyablement à toute personne “qui n’entre pas dans les cases”, ce qui constitue “ma vie avec la France”, même après avoir quitté cette vallée de larmes – et heureusement ce calvaire n’est plus désormais que des “combats épistolaires” contre ce que j’appelle “l’hydre”, qui ne sont pénibles que lorsque j’y pense c’est à dire que chaque fois que les injustices dont je viens de parler reviennent à mon esprit, c’est insupportable, donc j’essaie encore et toujours de faire quelque chose, de “résister”, de ne pas “laisser passer” toute cette saleté sans rien faire, de ne pas laisser gagner trop facilement les “majestés administratives françaises”, c’est à dire de ne pas laisser triompher l’injustice servie par l’abrutissement (et souvent l’égoïsme de ces êtres bornés, lorsqu’ils se sentent “offensés”, ce qui arrive très vite, dès qu’ils sentent que leur “supériorité” est mise en danger, ce qui peut même arriver par ma simple existence, même si je ne fais rien, comme un “caillou dans la machine”, alors si en plus je leur écris, même très poliment, pour leur parler des erreurs du système, c’est plus qu’ils n’en peuvent supporter et – consciemment ou non – ils n’ont pas d’autre choix que de sévir, peu importe si c’est fait “gentiment” (lettres hypocrites et inutiles etc.).

Rien que de lister ça me fait littéralement mal à la tête. Ces 3 paragraphes correspondent à des milliers de courriels, lettres et autres démarches depuis plus de 25 ans, toujours pour se défendre contre les erreurs, et injustices de l’Administration française, et toujours en vain, forcément, puisque c’est “le combat du pot de terre contre le pot de fer”.
Mais ceci était juste pour expliquer le contexte au lecteur ou à la lectrice, et je n’ai pas pensé à tout ça de manière détaillée au réveil, ces choses sont juste une sorte de “poids” énorme, comme un boulet énorme, ou un sac de “lettres en vain” d’au moins 100 kg, que je dois traîner à vie (cette métaphore me semble assez juste).

Ma pensée principale, dans les premières minutes au réveil, quand je m’installe devant mon ordinateur comme chaque jour pour passer presque toute la journée dans des efforts et “combats” (pour l’autisme), c’est ce qui suit.

A cause du fait que j’ai pensé, hier, à récupérer deux gros cahiers resté en France, je pensais justement à ces cahiers maintenant au réveil.
(Et d’ailleurs c’est en écrivant ça que je me dis que mon cauchemar de ce matin est peut-être lié à ces cahiers.)
Ces deux gros cahiers, ce sont des choses, des notes et des pensées diverses, que j’ai écrites pendant ma “détention” et pendant les deux années qui ont suivi (à peu près) – en effet il faut savoir qu’il ne suffit pas de claquer dans les doigts pour se sortir du cauchemar mental de la détention médico-administrative injuste, il y a une longue période de “flottement”, où on passe de l’état de “zombie” à “demi-zombie” puis où on revient progressivement à la “vie normale”, comme les autres gens (autant que possible…), qui, eux ne se doutent de rien de tout ça.
Il n’y a pas énormément de texte dans ces deux gros cahiers (il n’y aurait pas de quoi faire un livre avec, mais ce n’est pas grave car tous les détails de mon histoire sont dans ma tête, ce sont des choses qui ne s’oublient pas), mais la “sensation générale” liée à ces deux cahiers est une sorte de “méga désespoir”, sans fond.

Quand on est pris au piège par les “médesinges” idiots et imbus, qu’on voit qu’ils ne comprennent rien et qu’ils sont incapables d’écouter vraiment ce qu’on leur explique (ce qui d’ailleurs leur fait mal à la tête, et ils l’écrivent même dans leur “dossier médical”, ce torchon, ce monument à la gloire de la connerie humaine), quand on est en proie à la plus grande injustice (par exemple, imaginez que vous êtes un grand sportif, que vous êtes hospitalisé(e) pour une appendicite, et que là un ramassis de médesinges ABRUTIS dignes du premier film “La Planète des Singes” (1968) décide que vous souffrez d’une grave maladie cardiaque et vous opère pour vous mettre un coeur artificiel, fragile et défaillant), bref quand on est écrasé par le grand n’importe quoi, et surtout quand on ne trouve AUCUNE solution, qu’on n’a aucun espoir de sortie, que même vos geôliers ne savent pas quand vous sortirez (et là-bas on compte en mois et en années) et s’en fichent pas mal, quand vous savez que la personne qui partage votre chambre est là DEPUIS 25 ANS et ne semble pas plus “atteinte” que vous, je vous assure que cela est TRES TRES TRES TRES désespérant.
C’est vraiment sans fond, c’est vertigineux.

(Désolé pour les phrases trop longues mais j’ai vraiment pas le temps de corriger.)

A cette époque, dans de telles conditions, je me sentais “mauvais”, “inférieur”, “défectueux”, je pensais réellement que ma vie était “finie”.
Que j’étais un “raté”, un “malade même si je suis sûr que c’est pas vrai” (c’est à dire un malade du point de vue des autres, la seule chose qui compte si on veut vivre à peu près normalement, c’est à dire en étant “socialement accepté”).
Je pensais vraiment que ma vie était foutue et que j’allais continuer comme ça jusqu’à la fin, à végéter, en prenant mes médicaments, et en étant vraiment persuadé qu’il n’y a rien d’autre à faire, qu’il n’y a pas d’espoir, puisque je venais de passer 30 ans à “me heurter constamment à la société”, avec des problèmes (sociaux) en permanence, puisque personne n’avait réussi à m’expliquer pourquoi (ce qui était le but de ma démarche initiale de consultation, mais je croyais consulter des vrais professionnels, compétents, pas de sombres taches – d’ailleurs en 1994 ils ne connaissaient même pas le “syndrome d’Asperger” donc toutes leurs conclusions (et élucubrations) de l’époque sont bonnes pour l’égout – et encore…).

Comment pourrait-on être dans un état d’esprit autre que méga-déprimé et desespéré quand on est dans une situation pareille, et que par dessus le marché les médecins de l’hôpital, ultra-bornés, ne voyant que cet état, vous disent “vous souffrez Monsieur Lucas” pour justifier leurs refus chaque fois que vous demandez à sortir de tout ça ?
C’est véritablement une histoire de fous. Leur système crée une souffrance sans nom, qui fatalement “rend malade” et même “dingue de souffrance”, mais en plus ces médesinges se basent là-dessus pour décider que vous avez besoin de “soins”. Et chaque fois que vous leur parlez de vos sombres pensées, ils y voient “des pensées morbides”, qui sont ensuite utilisées pour justifier la prolongation mensuelle de l’hospitalisation d’office (ce qui est écrit clairement dans leurs certificats). Plus absurde semble difficile…

Comment pourrait-on ne pas être ultra-désespéré quand, après 30 ans de souffrances sociales, le seul espoir qui reste (la médecine) trouve le moyen d’être encore pire, encore plus injuste et cruel que tous les autres réunis, en t’enfermant, sans rien comprendre, et en décrétant que tu souffres d’une “affection psychique grave”, sans jamais toutefois expliquer de quoi il s’agit (ce qui évidemment est impossible puisqu’il n’y en a pas, puisque c’est juste une manière de voir le monde différente de la leur, avec leurs oeillères) ?

(Heureusement, j’ai réussi à me sortir de ce piège gluant littéralement “affolant” en comprenant petit à petit que je devais “hurler avec les loups” et en finissant par épouser les vues des médesinges dont ma vie dépendait. J’ai compris ça de manière inconsciente, car en fait quand on est à ce point dans une sorte de rapport de soumission totale, il y a un mécanisme psychologique qui s’installe, qui fait qu’on est plus ou moins obligé d’être “d’accord de bonne foi” avec eux. Surtout quand on comprend que chaque fois qu’on tient un langage différent, tout est bloqué. Et qu’on voit les autres “patients” enfermés depuis des années, et végétant.
Je repense assez souvent à une confidences de l’un d’entre eux (”Monsieur S.”), qui m’expliquait, triste et désespéré, à quel point il en avait “marre de la psychiatrie”, j’entends encore ses mots et sa voix, et j’en pleure en écrivant ça. Il y a une dizaine d’années je crois, j’avais réussi à obtenir des nouvelles de lui, et on avait bien voulu consentir à me dire qu’il n’était plus dans cet hôpital et qu’il “vivait” maintenant dans une sorte de centre ou de “foyer”, ce qui est le sort réservé, en France, aux personnes “trop différentes”. Alors qu’on Brésil le même genre de personnes vit en liberté (puisqu’il n’y a pas d’industrie médico-sociale pour se faire d’argent sur leur dos via ce que j’appellerais “la traite du contribuable”).

Donc, je me sentais “fichu”, perdu, paumé, sans avenir. Je me sentais même vieux, réellement. Pourtant je n’avais que 30 ans.
J’étais tellement désespéré qu’à l’hôpital j’avais commencé à me laisser pousser la barbe. Plus rien n’avait d’importance.
Quand vous n’avez de place nulle part, et que le seul endroit qui vous accepte, c’est un”truc pour les dingues”, et encore, uniquement si c’est “de force”, la vie n’a plus de sens, tout paraît effectivement “fou”, et vous vous demandez même ce que vous faites là, dans ce monde, dans cette vie.

L’impression d’être “une erreur” énorme, impossible à corriger, même en ayant depuis toujours l’intime conviction qu’en réalité ce n’est pas le cas, et que c’est plutôt “les autres”, “le système”, qui ne tournent pas rond.

Malheureusement, quand on vit en pyjama dans les murs d’un hôpital, entouré de pauvres “patients” échoués comme vous dans ce piège, qu’une “mandataire” décide à votre place de choses importantes pour vous (par exemple au suejt d’un numéro de téléphone facile (finissant avec deux zéros), et de choses plus concrètes), quand tout le monde (même la famille et les amis) vous considère comme un “malade”, quand, en plus, forcément “c’est la honte” d’être “enfermé dans un asile de fous”, quand les médecins ne manquent jamais une occasion de rappeler “vous souffrez Monsieur Lucas”, quand les infirmiers et infirmières te parlent tout doucement et gentiment comme à une personne de 90 ans, en n’omettant jamais de te donner du “Monsieur Lucas” et en étant complètement hermétiques à tout ce que tu peux leur dire d’un peu original, bref, il y aurait tant de choses à dire (et un livre à faire un jour si je trouve le temps), donc quand on est dans ce “gouffre mental”, sans espoir, sans lumière, sans rien, quand la vie n’est pas vraiment une vie… bref je ne sais même plus ce que je voulais dire avec cette phrase, et le fait de repenser à ces choses me donne le tournis. C’est tellement absurde, tellement opposé au bon sens, à la justesse, à l’humanité, à la naturalité.

Mais la chose la plus importante que je voulais dire, c’est qu’en fait, il y a une solution, et elle est toute simple.

C’était déjà évident pour moi depuis quelques années, et c’est maintenant encore plus flagrant et lumineux après le petit “déclic” de ce matin : la solution, c’est de quitter la France, bien évidemment !

De s’extirper de ce piège gluant. Ce serait trop long et pénible de donner des détails, mais ce que je viens d’écrire donne une idée.

Tout le problème vient des croyances, et d’une sorte de conditionnement auquel les gens sont soumis dès le jour de leur naissance.

La croyance dans le bien fondé du système français (et “occidental” de manière générale) ; la croyance, au début, dans le fait que la médecine officielle, “publique”, serait compétente, juste etc. (et si j’avais su à quel point ça volait bas, je serais toujours resté prudemment à distance, comme je le fais depuis 25 ans) ; la croyance dans le fait que l’Administration française aurait, quelque part, fondamentalement, quelque chose de “sensé et juste” (ce qui au début quand on est enfant paraît “obligatoire et évident” car c’est “l’autorité suprême” donc on ne peut pas imaginer que c’est “du grand n’importe quoi” – et pourtant, ça l’est) ; la croyance dans la justesse du système judiciaire (mais là c’est assez simple car l’accès à la justice est quasiment impossible quand on est “hors-normes”, et je ne me suis jamais remis d’une réponse reçue d’un tribunal administratif qui rejetait ma simple demande de renseignement – pour savoir si je m’adressais bien au bon endroit – par une “ordonnance au nom du peuple français”, très formelle, rejetant ma demande en expliquant que le tribunal n’avait pas à se prononcer sur sa compétence – Kafka écrivait des contes pour endormir les enfants…).

Donc la solution, une fois qu’on a trouvé, c’est simple, et je ne comprends pas pourquoi j’ai mis 50 ans pour me rendre à l’évidence : quitter la France, c’est quitter le cauchemar social.

Donc mon message ici, c’est un message d’espoir, pour tous ceux et celles qui sont dans les “tourments psychiques”, qui ont forcément des idées suicidaires par moments : non, votre situation n’est pas sans espoir, non vous n’êtes pas des erreurs ; c’est le système qui vous entoure qui est “malade”, ça vous le sentez déjà mais tout dans ce système vous crie le contraire, tout est fait pour faire croire au bien fondé du système, un peu comme avec une sorte de “religion administrative d’Etat” qui ferait que tout le monde (en commençant par eux) croirait que la Terre est plate, et que tous les Galilée et les Giordano Bruno seraient automatiqueemnt et impitoyablement jetés au bûcher ou sinon condamnés à la “folie médico-administrative obligatoire”, ou sinon au suicide. Tous les “trop différents”, en commençant par les autistes bien sûr.
D’ailleurs, même les personnes trisomiques, encore plus inoffensives que les autistes, sont perçues comme “dérangeantes” par ce système débile et inhumain, au point de les “supprimer” avant la naissance, avec la complicité de leurs parents (évidemment conditionnés).

Certes ce n’est pas tout le monde qui peut quitter la France et découvrir enfin qu’il existe bien une possibilité de “vraie vie”, de liberté, de bon sens, que le cauchemar social français (et “occidental”) n’est pas une sorte de “fatalité” au point qu’on croirait être né(e) “sur la mauvaise planète”, ou qu’on croirait “être une erreur”.
Mais même sans partir, déjà si on arrive à comprendre ces choses, alors la “sous-vie” dans la “sous-France” (ou d’autres pays voisins et semblables) devrait devenir moins difficile.
Savoir si c’est soi ou si c’est “le système” qui est “défectueux”, ça change radicalement la conception que l’on a de la vie, de sa propre vie.

Evidemment le lecteur conditionné peut toujours se dire que ce que je raconte n’est qu’une question de point de vue, et que peut-être que je trompe complètement, que “mon système de pensée” (comme ils disaient) est fondamentalement erroné.
Mais il y a une réponse à ça : il suffit de faire des expériences concrètes, des confrontations, des voyages. Et j’ai fait tout ça. Je peux démontrer point par point tout ce que je dis, avec des exemples et surtout des preuves. Mais bien sûr les “élites” médico-administratives ne sont absolument pas du tout intéressées pour qu’un “patient”, un autiste”, vienne leur démontrer par A + B qu’ils ont tort, leur montrer que le roi est nu, et leur mettre leur nez dans leur caca. C’est aussi ça qu’ils n’aiment pas avec moi, à cause d’une sorte de vague doute, à cause du fait que l’existence de personnes comme moi ébranle les convictions des défenseurs du système. C’est pourquoi il est si important pour eux de “casser” ces exceptions, pour se rassurer.

Mais tout ce que j’écris, pour le lecteur ou la lectrice, ce ne sont que des mots, de la théorie.
Même si vous sentez que c’est du vécu et que c’est vrai, cela reste difficile à mettre en application, à transposer dans la vie de tous les jours, quand tout ce que vous voyez, lisez, entendez etc., va dans le sens contraire, surtout en France, pays de l’arrogance, de la dissimulation des erreurs, du “faire semblant” et du maintien de l’illusion chimérique des “Droits de l’Homme” et des “Lumières”, sur quoi tout le monde en France est assis, avec ses fesses et ce qu’elles entourent…

Donc le moyen le plus efficace pour se sortir du piège, de la spirale dépression-folie-enfermement-suicide, c’est de sortir physiquement de tout ça, de s’arranger pour déplacer son corps au loin, dans d’autres pays et surtout d’autres cultures, moins “contaminées”.

Il faut le faire. Il faut partir.
Ca ne sert à rien d’en discuter, d’y réfléchir, de trouver mille prétextes pour ne pas le faire.
Quand on comprend qu’on est sur le Titanic, et ce que c’est, peu importe tout ce qu’on peut dire ou faire, peu importe si on s’entend bien avec les gens qui continuent à danser, ou si on essaie de convaincre le capitaine qu’il est dans l’erreur.
Ce qu’il faut faire dans un cas comme ça, c’est D’ABORD de PARTIR.
On part, on se met à l’abri, et ensuite on peut réfléchir et discuter autant qu’on veut.

C’est ce que j’ai fait il y a 5 ans, presque sur un coup de tête, suite au ras-le-bol général. Invité pour faire une présentation en Russie.
Et depuis, je n’ai jamais remis les pieds en sous-France (à part 3 jours à la frontière à Genève, pour faire une présentation au Palais des Nations).
Et plus ça va, plus l’idée de revenir en France me paraît particulièrement saugrenue.
Pour quoi faire, franchement ? Pourquoi venir volontairement dans les problèmes ?

Parfois il y a encore des gens qui me disent qu’il faudrait revenir, pour faire je ne sais pas quoi (par exemple, pour signer un papier, ou pour une démarche dans mes tentatives pour obtenir justice), et alors l’idée de revenir me fait rire, réellement, mais juste quelques secondes car immédiatement la montagne de “grand n’importe quoi” et de souffrance s’abat immédiatement dès que la pensée commence à imaginer l’idée d’être à nouveau en France.

Déjà rien que la perspective d’entendre des phrases commençant par “du coup”, cinquante fois par jour, me fatigue et m’abat.
Et ça bien sûr c’est rien, c’est la mince peau sur la première cacahuète de la coupelle de l’apéritif du “grand cirque”, du grand gavage d’absurdité à 100% jusqu’à ne plus pouvoir penser autrement, ne plus être qu’un jouet du système, un robot, comme tous ces gens que vous voyez et qui ne liront jamais tout ça (c’est trop fatigant, c’est “pas normal”, pas amusant, etc.).

Ce matin avec ces songes du type “retour vers l’enfer”, je repensais aussi à un moment qui finalement ressemble à une “revanche”, même si je ne m’y attendais pas : c’est quand j’ai reçu une lettre du Directeur de la Santé mentale de l’OMS à Genève, suite à des explications sur l’autisme que j’avais données là-bas, et qui dit qu’ils “aimeraient me remercier” et que ce que j’ai dit était très intéressant et utile.
(J’ai d’ailleurs eu des déclarations semblables, elles aussi écrites et même beaucoup plus explicites, lorsque j’ai fait partie du Groupe de Pilotage de la Recommandation HAS-ANESM pour les autistes adultes – ce qui est une rare exception dans la “chienlit administrative française”.)
Ceci est tout de même assez différent des divagations des psychiatres français, me condamnant à être un “malade mental”, et même à souffrir éternellement dans leur système “moisi” (hôpital ou médication à vie).
Maintenant je suis libre, vraiment libre et heureux, et eux sont toujours enfermés dans leurs bureaux et leurs croyances misérables, leur certitude d’avoir toujours raison sur le “patient”. Quelle vie de m., franchement…

(Et maintenant j’ai même un numéro de téléphone qui se termine par, non plus deux zéros, mais cinq zéros : la zénitude absolue :-))

Merci d’avoir lu, et sachez que l’espoir existe, mais il faut se bouger : on ne gagne pas au loto si on n’y joue pas.

Eric LUCAS