Bureaucratistan – Eléments pour comprendre ma recherche d’aide juridictionnelle

Madame la Députée

Je vous remercie pour le fait de me répondre.

En réponse à votre question, je pense avoir besoin d’une aide juridictionnelle et d’un avocat commis d’office ou de plusieurs (mais ce n’est qu’une supposition personnelle en l’absence d’assistance socio-administrative pour me conseiller) dans l’espoir de faire diminuer ou cesser les problèmes et calvaires administratifs suivants.

1/ Maintien des injustices relatives à ma séquestration médico-administrative abusive

J’ai grand besoin depuis très longtemps qu’il soit mis fin à la torture psycho-administrative qui dure depuis 1994 et qui résulte des injustices relatives à mon hospitalisation abusive pendant 15 mois à cette époque, en l’absence du caractère « circonstancié » des certificats médicaux censés la justifier, et aussi en l’absence de fourniture de tout diagnostic (ce qui aurait été la moindre des choses) par l’hôpital en question, notamment en l’absence de la fourniture du diagnostic d’autiste Asperger (syndrome pourtant déjà connu à cette époque, mais les médesinges publics français sont bien trop omniscients pour daigner s’intéresser aux avancées hors de France), ce qui aurait permis de comprendre ma situation, d’éviter de penser et de raconter n’importe quoi (comme l’idée absurde d’une « dangerosité » de ma part (prétexte avancé sans aucune preuve), à l’exception d’un danger pour leur propre foi en leurs certitudes illusoires et imbues), et ce qui aurait permis d’éviter de me prendre ma liberté et de me faire vivre cette horreur sans nom.

2/ Maintien des injustices relatives à l’immixtion administrative abusive dans ma vie privée par le MEAE depuis 2002 autour de questions de « droit au séjour », et des désastres en résultant

J’ai grand besoin depuis très longtemps qu’il soit mis fin à la torture psycho-administrative qui dure depuis le 24/06/2002 et qui résulte des injustices relatives aux traitements, par l’Administration française (MEAE), des demandes de titres de séjour de mon ami soutien-de-vie étranger qui était le premier ami que j’avais trouvé après plus de 30 ans de vaines recherches et avec lequel j’avais un projet de vie commune, qui a été ruiné notamment par un consulat (refus de visa pendant 4 ans, uniquement à cause des vexations de fonctionnaires, ce que je peux démontrer), ce qui constitue une atteinte disproportionnée très grave à ma « vie privée et familiale », ce qui n’aurait pas existé si mon autisme avait été connu et dûment pris en compte, et ce qui entre autres malheurs m’a fait perdre le seul emploi stable que j’avais réussi à m’aménager, seul et sans aide comme d’habitude.

3/ Maintien des injustices relatives à l’immixtion administrative abusive dans ma vie privée par le Ministère de l’Intérieur depuis 2013 autour de questions de « droit au séjour », et des désastres en résultant

J’ai grand besoin depuis très longtemps qu’il soit mis fin à la torture psycho-administrative qui dure depuis fin 2013 et qui résulte des injustices relatives aux traitements des titres de séjour par des préfectures (« classement sans suite » odieux sur des prétextes fantaisistes nés de l’imagination enfiévrée des cerveaux étroits de certains fonctionnaires (comme pour tout le reste), attente sans réponse, erreurs et autres vilenies), refus de prise en compte, pour nous, de la circulaire du 30/10/2004 qui précise qu’il n’y a plus besoin de vérifier la « vie commune » à partir du deuxième renouvellement de carte « vie privé et familiale » (et ce sans autre motif que « c’est une circulaire, on n’est pas obligés de l’appliquer »), et surtout refus total d’aborder l’existence d’un accord bi-national qui permet l’obtention « de droit » (et non selon l’humeur de fonctionnaires qui retardent cela depuis plus de 15 ans) une carte de séjour de 10 ans pour un conjoint étranger *marié*, alors que nous sommes pacsés depuis 2004, ce qui donc constitue une discrimination basée sur le genre.

(Pour les tortures qui durent depuis « trop longtemps » (ce qui se traduit par « c’est trop tard, on ne peut plus rien y faire » dans le système « normal »), je ne suis pas sûr que les délais de « prescription » soient des obstacles incontournables car il est facile de comprendre que c’est à cause de mon handicap (et de l’absence d’assistance à ce sujet) que je n’ai jamais été en mesure de me défendre à ce sujet, en dépit de très très nombreuses lettre de ma part depuis 1994, quasiment toutes ignorées).

4/ Maintien de l’injustice du refus implicite d’assistance spécialisée ET des informations y-afférentes

J’ai grand besoin qu’il soit mis fin à la torture de l’absence de toute considération par l’Administration française de ma demande depuis plusieurs années visant à obtenir ENFIN « le nom et l’adresse email » de l’assistance socio-administrative spécialisée en autisme, publique et accessible, à laquelle j’ai droit notamment en vertu de l’article L.246-1 du CASF et de la CDPH de l’ONU, et que je ne cesse de demander par LRAR « partout », en vain.

5/ Maintien de l’injustice du refus implicite d’accompagnement administratif « ordinaire »

J’ai grand besoin qu’il soit mis fin à la torture de l’absence de toute considération par l’Administration française de ma demande depuis plusieurs années visant à obtenir ENFIN l’accompagnement « ordinaire » pour mes démarches administratives françaises, ce qui m’a été implicitement promis par une lettre du MEAE du 22/10/2019, et ce que j’attends toujours malgré 16 LRAR de rappels au MEAE en 2020 (11 pour le consulat de Rio, 5 pour Paris).

(Cet accompagnement me permettrait de trouver comment faire une demande d’aide juridictionnelle qui reçoive une réponse. J’ai envoyé une telle demande au TA de Paris en janvier 2021, et en vain comme toujours).

6/ Maintien de l’injustice du refus implicite d’accompagnement administratif « ordinaire »

J’ai grand besoin qu’il soit mis fin à la torture de l’absence de toute considération par l’Administration française de ma demande depuis plusieurs années visant à obtenir ENFIN « le nom et l’adresse email » de « au moins un interlocuteur de l’Administration » pour mettre fin à ces supplices, puisque je ne sais jamais à qui envoyer mes lettres et emails de demandes de fin ou de réduction de supplices (les rares qui répondent me disent « c’est pas ici » mais personne ne me dit jamais « QUI », où m’adresser, ce qui augmente encore un peu plus la torture).

7/ Maintien de l’injustice du refus de répondre par le « Défenseur des Droits »

C’était le seul organisme qui, fin 2015, avait semblé donner des signes de compréhension de mes problèmes, et qui avait promis d’aider, ce qu’il n’a absolument pas fait (supplice de Tantale aggravant considérablement la torture car il y avait un espoir, ruiné sans explications).
Depuis quelques années, cette entité se contente (comme toutes les autres), d’ignorer mes lettres qui montrent poliment ses erreurs, « oublis » et confusions, en lui demandant évidemment de m’aider comme prévu.

(On ne sait pas si c’est encore plus odieux que le reste, tellement tout est surréalistement injuste, écoeurant et maltraitant.)

8/ Nouveau cauchemar supplémentaire de la suppression de mon AAH (et des graves difficultés en résultant)

J’ai besoin de trouver comment me défendre contre la perte de mon AAH, prononcée par la CAF fin 2020 (suite à un signalement par le Ministère des Aff(ai)res Etrang(èr)es, en guise de l’assistance que celui-ci était censé m’apporter), alors que les règlements de la CAF (ou les réglementations qui régissent l’AAH) ne tiennent pas compte du handicap autistique (c’est à dire des bienfaits pour les autistes d’une vie hors de France, ne serait-ce que pour ne pas se suicider). 
D’après moi, les réglementations et lois qui sont conçues sans prendre en considération les particularités de certains handicaps peuvent être légalement remises en question, mais c’est à voir avec un avocat très compétent.

9/ Grave problème du Mutisme Administratif

Depuis environ TRENTE ans, je cherche à savoir comment faire pour obtenir de l’Administration les informations que je lui demande dans mes lettres.
Je n’ai pas de boule de cristal et j’ai besoin de ces réponses pour trouver comment diminuer les problèmes, surtout lorsque leur maintien conjugué à l’absence de toute aide (et de toute réponse donc) finit par se transformer en torture, au bout de plusieurs années.
J’ai besoin d’aide puisque visiblement je n’y parviens pas du tout, malgré des centaines ou des milliers de lettres et de courriels.

10/ Obtenir les informations et l’assistance dues par l’Etat pour une organisation de personnes handicapées autistes

J’ai besoin d’aide pour trouver comment obliger l’Administration française à fournir les informations concernant les décisions et mesures publiques ayant une incidence sur les personnes handicapées autistes, et l’assistance (notamment humaine) pour les organisations de personnes handicapées autistes, comme prévu par l’Observation Générale N° 7 du Comité CDPH, et demandées par l’association Alliance Autiste que j’ai créée.

(J’ai écrit « obliger » car il est désormais patent que cette Administration ne fera jamais rien pour nous aider si elle n’y est pas contrainte.)

Vous me demandez quels sont les points de blocage : en voici trois.

A/ Le silence de l’Aboministration française

L’Administration se contente très opportunément et très odieusement d’ignorer mes demandes.
Visiblement, elle ne veut pas m’aider à me défendre contre elle, et elle ne reconnaîtra jamais ses erreurs et ses fautes.
Pot de terre contre pot de fer.

Je n’ai pas de baguette magique pour trouver quoi faire, ni de cheval blanc pour aller forcer l’Aboministration à m’aider ou à faire son devoir.

Je passe le plus clair de mon existence vie à faire des lettres : quoi faire de plus ?
Quasiment personne ne répond et n’aide (voir https://EricLucas.org et https://AllianceAutiste.org).

C’est une torture, et dans le désert.

Personne ne fait véritablement attention à ce que je dis.
Je dérange, je suis trop « différent »…

B/ Le « normalitarisme » de l’Administration française
(obligation « totalitaire » de conformité à des normes (pathétiquement étriquées))

Les « personnes normales » ont la priorité, et surtout il est possible de trouver des solutions car leurs situations correspondent suffisamment à des « cases standard ».
En plus, entre des fonctionnaires « normaux » et des « usagers », normaux, à un moment ou à un autre il va se produire une sorte « d’alchimie » qui va éveiller une fibre « humaine » du fonctionnaire, lequel alors va se débrouiller pour trouver des solutions ou dérogations là où soi-disant « c’est impossible, c’est comme ça et on ne peut rien y faire ».

Pour les autistes (et d’autres « pas normaux »), en revanche, c’est très différent : nous sommes incompris, les fonctionnaires sont dans la défiance ou carrément dans l’accusation (imaginaire, ridicule et pathétique, mais peu leur importe car ils ont tout l’appareil d’Etat pour les soutenir).
En plus, ils ne supportent pas qu’on leur montre leurs erreurs (lesquelles adviennent FATALEMENT puisqu’il n’y a pas de prise en compte correcte de l’autisme donc pas de compréhension réaliste des dossiers d’autistes), et dans ce cas ils ne savent rien faire d’autre que de sévir : enfermement de force sous des prétextes pitoyables, maintien à vie de refus de visa, « classement sans suite » par une préfecture, blocage indéterminé par une autre, signalement par le MEAE dans l’espoir de m’amoindrir puisqu’il ne veut pas m’aider à obtenir une aide juridictionnelle qui serait utilisée contre lui, etc.
C’est clair comme de l’eau de roche.

C/ L’absence de « Prise En Compte Correcte de l’Autisme Partout »

L’autisme n’est PAS pris en compte correctement par le système socio-administratif français (qui ne sait que nous mettre sous cloche dans des centres ou des hôpitaux, au grand plaisir de ceux qui en vivent grassement), tout cela au plus grand mépris de la CDPH, mais nul n’en a cure (et au contraire il semblerait que cela excite le sentiment de grandeur de certains fonctionnaires ou magistrats).

Donc, dans un système socio-administratif de plus en plus normé, si on n’est pas dans une « case prévue », on est alors automatiquement rejeté « dans les limbes », plus personne ne sait quoi faire, car « c’est pas prévu », et chacun rejette la « patate chaude ».

C’est tout, c’est facile à comprendre.
Système robotique inhumain, rudimentaire et indigent, prévu par des esprits « ordinaires » et incapable de prendre en compte la (nécessaire) diversité de l’espèce humaine : on doit entrer de gré ou de force dans les case prévues par ces gens, et si vraiment « ça n’entre pas », alors on n’a qu’à aller se faire voir ailleurs, et/ou souffrir à vie.

Ainsi est le traitement appliqué aux personnes autistes qui souhaitent vivre de manière autonome, en liberté, de manière équitable.
Pour les « normaux » tout est prévu, et pour les « pas normaux », c’est la privation de liberté (hôpital, centres…) ou l’exclusion (avec souvent le suicide en résultant).
Et la « panique administrative » (avec l’autruchisme bien de chez nous qui va avec) si un « usager » autiste a l’audace de vouloir lui aussi vivre dignement.

Concernant « Avez vous contacté le consulat français pour leur faire part de votre situation ? « , comme dit précédemment :

« ((…) le consulat de Rio devrait m’accompagner, mais il ne répond jamais à mes lettres, et je crois que c’est en se basant sur l’idée qu’ils ne sont pas compétents pour me fournir une assistance spécialisée autisme, qu’opportunément ils s’arrangent pour voir en ma demande d’accompagnement administratif ordinaire« 

Cela signifie que j’ai contacté le consulat français pour leur faire part de ma situation (et ce, depuis fin 2016).
J’imagine que c’est la première grève de la faim d’un Français qu’ils ont eu à gérer (en juin 2017), donc, oui, ils sont très au courant.
(Si je dois refaire une grève de la faim, peut-être en 2022, je ferai ça de manière beaucoup plus dure puisque ces gens me roulent dans la farine.)

La présente demande d’aide est à rajouter aux centaines d’autres depuis tant d’années.

Est-ce qu’un jour quelqu’un acceptera de vraiment m’aider pour en finir avec ces tortures démentielles (et en restant en vie) ?
Telle est la question.

Merci d’avoir lu.

Je vous prie de croire, Madame la Députée, à l’assurance de ma respectueuse considération.

Eric LUCAS
Martyr Administratif Français