16ème anniversaire de la torture des injustices titre de séjour : création de l’ONMORFL et de l’ONTEUS

24 juin 2018 à 15h : seizième anniversaire du premier refus de visa pour mon ami-soutien-de-vie étranger, alors qu’il l’avait obtenu l’été précédent et que ça n’avait occasionné aucun problème.
16 ans de saloperie, de honte pour la France (parmi tant d’autres dossiers « pas normaux », évidemment), et surtout de cauchemar pour nous deux (et nos familles).

Tout ça pour quoi ? Pour rien. Utilité : zéro (à part le plaisir des fonctionnaires se gargarisant de l’idée qu’ils ont bien agi).
C’est la bureaucraSSie pur jus, dans toute sa spendeur.

Tout ça à cause de quoi ? Essentiellement à cause de l’ignorance, de la stupidité, de la lâcheté, de l’orgueil et de l’égoïsme de certains fonctionnaires. Bref, la routine.

Je précise que c’est un seizième anniversaire non pas d’une torture passée, mais du début d’un supplice qui n’est toujours pas fini, et qui – au vu de la manière dont ça se passe, et du degré d’obstruction ou de nuisance des fonctionnaires en général – semble ne pouvoir prendre de fin qu’avec la mort des administrés (et c’est ça qui rend « dingue », aussi).

En juin 2017, ma grève de la faim de deux semaines « discrète pour ne pas offenser » n’a rien donné (à part des vertiges pendant plusieurs mois).

Cette année, je suis fatigué par tout ça (un peu plus chaque année, et ça peut se comprendre : je ne pensais pas qu’une partie de ma vie ce serait ça, cette merde administrative française débile), mais j’ai tout de même créé un Ordre – ou plutôt deux – pour récompenser les fonctionnaires (et autres) selon leurs mérites, par « décret du 24 juin 2018 portant nomination » : 

  • L’ONMORFL (Ordre National du Mérite des Oublié(e)s de la République Française Libératrice) distingue les fonctionnaires ayant réellement aidé, même si souvent c’est juste un peu, voire presque rien : c’est si rare, il faut bien les encourager.
    Ce concept n’est pas si sarcastique, et même il ne l’est pas du tout pour les gradés et les dignitaires (titulaires de « grades » et de « dignités » dans la hiérarchie).

  • L’ONTEUS (Ordre National Triomphant des Eaux Utilisées et de la Selle) récompense les autres. Ils ont même droit à une jolie carte (avec un code QR qui fonctionne – parce que ce que je fais c’est pas du « chiqué », pas comme Lacan et sa psychanalyse d’escrocs).
    Les fonctionnaires c’est sensible aussi : il faut les soigner, faire du mieux qu’on peut pour eux ; je me suis donc appliqué à la mesure de toute la force de ce que je pense et ce que j’ai vécu à cause d’eux.

  • Voir aussi la page « mon dossier« , qui devrait aider un peu à moins mécomprendre pourquoi je suis « fâché ».

Comme vous le voyez, ces concepts sont « polis » : ça c’est pour les gens qui me reprochent les côtés parfois vulgaires de mes protestations (et en même temps ça montre qu’on peut être encore plus dur en étant « diplomatique » : moi aussi, je sais faire, même si j’ai pas fait l’ENA…) ; quand je suis brutal et grossier, en fait c’est par sincérité, presque par gentillesse…
Mais s’il faut faire dans le « retors », à la manière administrative, c’est pas parce que je suis autiste que je ne peux pas le faire ; disons que c’est pas dans ma nature, mais si je le fais je tiens à le faire de mon mieux…

Je crois qu’à ce niveau de créativité et de subtilité, l’insurrection a quelque chose d’artistique (du moins ici avec ces concepts)…
Mais bien sûr, les esprits étroits ne verront les choses que de manière négative, étriquée, mesquine etc, en s’offusquant, comme toujours.

Evidemment, on me dira que tout ça n’est pas bien utile, et que c’est même plus dangereux qu’autre chose (à cause du crime de lèse-fonctionnaire, des risques d’amende et de prison pour outrages public à dépositaires de l’autorité de l’Etat etc.), mais moi en tous cas ça me soulage, et je préfère ça aux grèves de la faim, idées de suicide ou autres.

On me dira aussi (enfin… le peu de courageux(ses) qui me parlent) que je gaspille mon potentiel, que je pourrais mieux faire avec : désolé, j’ai pas arrêté de proposer plein de choses beaucoup plus positives depuis 2014 : en gros ça n’intéresse personne, et personne n’aide, donc j’ai quand même le droit de me détendre un peu, il me semble.

Si les efforts « droits » ne donnent rien, essayons donc des choses plus subtiles…

L’an prochain, j’espère faire des choses moins soft, davantage de l’ordre de la « guérilla » (mais en innovant toujours, sinon c’est trop ennuyeux et pénible, et puis il faut être créatif pour bouger un peu les zombies qui nous asservissent).

Merci si quelqu’un(e) a lu.

Eric LUCAS